12.11.2008

Développement durable : sommaire

SOMMAIRE

 

I] Le concept

Définition officielle

Durabilité forte / durabilité faible

Développement durable vs libertés individuelles

Livres sur le développement durable et l'environnement

 

II] Enjeux du développement durable :

Mortalité infantile

Analphabétisme

Espérance de vie

Démocratie

Droits des femmes

Education

Biodiversité

  1. Eléphants
  2. Crocodiles d'Australie

Forêts

Economies d'energie

Réchauffement climatique

  1. Protocole de Kyoto
  2. GIEC

 

III] Législation

REACH

DEEE

ROHS

 

07.11.2008

Impôts légitimes ou non

Que l'État lui dise: Je te prends cent sous pour payer le gendarme qui te dispense de veiller à ta propre sûreté; — pour paver la rue que tu traverses tous les jours; — pour indemniser le magistrat qui fait respecter ta propriété et la liberté; — pour nourrir le soldat qui défend nos frontières, Jacques Bonhomme paiera sans mot dire ou je me trompe fort.

Mais si l'État lui dit: Je te prends ces cent sous pour te donner un sou de prime, dans le cas où tu auras bien cultivé ton champ; — ou pour faire apprendre à ton fils ce que tu ne veux pas qu'il apprenne; — ou pour que M. le ministre ajoute un cent unième plat à son dîner; — je te les prends pour bâtir une chaumière en Algérie, sauf à te prendre cent sous de plus tous les ans pour y entretenir un colon; et autres cent sous pour entretenir un général qui garde le soldat, etc., etc., il me semble entendre le pauvre Jacques s'écrier: « Ce régime légal ressemble fort au régime de la forêt de Bondy réputée pour ses brigands ! »

Frédéric Bastiat

29.10.2008

Evolution de l'analphabétisme

80 hommes : actions à travers le monde

Social :

Microcrédit

Développement durable : critique de la définition

Pas de développement durable sans liberté

Selon la définition officielle, il faut préserver un “ équilibre ” entre développement économique, progrès social, et respect environnemental.

Nos théologiens du développement durable ont omis de préciser qu’il était difficile de concevoir un tel progrès sans développement des libertés individuelles ! Oui, chers lecteurs ébahis, un pouvoir despotique pourrait, si l’on en croit la définition officielle, favoriser le développement durable s’il respectait le sacro-saint “ équilibre ” entre développement économique, social, et environnemental, quand bien même il massacrerait annuellement quelques centaines ou milliers d’opposants.


La notion "officielle" d’équilibre entre trois forces apparemment antinomiques est un leurre. Les progrès sociaux et environnementaux naissent de la capacité des citoyens :

- à décider de leur avenir et faire respecter leurs droits individuels. Cela découle de leur liberté d’expression, d’association, de choix démocratique, et de l’existence d’une justice égale pour tous et efficace.

-  à produire les richesses nécessaires au financement de leurs aspirations d’ordre social et environnemental, ce qui suppose la liberté d’agir, de travailler, d’entreprendre, et le respect des droits de propriété. Limiter autoritairement le développement économique conduirait à terme à réduire la protection sociale et environnementale.

Il y a une seule source de développement durable, c’est le développement des libertés et des droits individuels, ce que proposent les libéraux. Toute fausse solution visant à promouvoir le progrès social et environnemental en restreignant ces libertés produira à terme un résultat inverse à celui escompté, à cause de l’appauvrissement général qui en résultera.

Objectif Liberté

Développement durable : définition officielle

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Développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". 1987 - Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien.

Les modes de production et de consommation doivent respecter l’environnement humain ou naturel et permettre à tous les habitants de la Terre de satisfaire leurs besoins fondamentaux : se nourrir, se loger, se vêtir, s’instruire, travailler, vivre dans un environnement sain,…

Evolution de la mortalité infantile

Taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans (monde) :Sans titre.JPG

  • - 100 000 : 500 pm
  • An 1500 : 350 pm
  • An 1950 : 230
  • An 1960 : 190
  • An 1970 : 145
  • An 1980 : 120
  • An 1990 : 93
  • An 2000 : 82
  • An 2006 : 72
  • An 2007 : 68

Division du taux par 3 en 50 ans (1950 à 2000)

Source : PNUD, Unicef

Livres sur le développement durable et l'environnement

Ouvrages :

  • 80 hommes pour changer le monde de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux
  • A qui profite le développement durable ? de Sylvie Brunel
  • L'entreprise durable de Philippe Détrie
  • Le développement durable de Assem Slim
  • Ma vérité sur la planète de Claude Allègre
  • Les prêcheurs de l'apocalypse de Jean de Kervasdoué
  • L'humanité disparaîtra, bon débarras de Yves Paccalet
  • L'écologiste sceptique de Bjorn Lomborg
  • L'avenir climatique : quel temps ferons-nous de Jean-Marc Jancovici

Blogs :

  • Objectif liberté de Vincent Bénard
  • Pensee-unique.fr
  • Expression libre

 

16.10.2008

7 arguments Subprimes

1. Dans une société libérale, jamais l’état n’aurait créé un oligopole financier (Fannie Mae et Freddie Mac), forcé pour des raisons politiciennes de racheter en masse des prêts  de qualité très médiocre, hors de toute considération économique.

2. Dans une société libérale, jamais l’état n’aurait pu faire croire à des pauvres qu'il les aidait en votant des lois obligeant les banques à leur prêter de l'argent hors de tout critère habituel de prudence.

3. Dans une société libérale, jamais les propriétaires installés n'auraient pu, via leurs mairies, ériger des barrières réglementaires toujours plus hautes à la construction de nouveaux logements, par des lois de zonage qui ont fait exploser les prix immobiliers et artificiellement gonflé de 4 000 milliards de dollars la bulle que l’on sait.

4. Dans une société libérale, jamais les dirigeants de banques n'auraient cru pouvoir compter sur la garantie de l’état et sur l'argent du contribuable pour couvrir leurs fautes, sans payer à titre personnel un prix très lourd pour leur irresponsabilité, voire leur malhonnêteté.  Les établissements financiers auraient dû organiser d’eux-mêmes et sur leurs fonds propres la garantie des déposants des établissements déficients.

5. Dans une société libérale, aucune administration, aucune majorité politique ne pourrait exonérer certaines entreprises (comme Fannie Mae, Freddie Mac et leurs dirigeants, ou certaines banques d'affaire) des obligations nées du droit commun sous prétexte que cela arrange tel ou tel politicien.

6. Dans une société authentiquement libérale, les taux d’intérêts ne pourraient pas être manipulés par des élites déconnectées des réalités économiques. Le prix de l'argent ne pourrait être que le reflet de l’offre et de la demande de moyens de paiement, et ne pourrait indéfiniment rester artificiellement sur ou sous-évalués, limitant, voire empêchant la formation de bulles spéculatives.

7. Dans une société libérale, le législateur se ferait un point d’honneur de ne pas taxer abusivement la réussite, ce qui permettrait de fonder notre développement sur la saine accumulation de capital, et non sur le développement de bulles de crédit successives.

13.10.2008

Discours étonnant de Jaurès

“Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. À toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux.


Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en prenant pour soi les dangers. Le courage, pour l’entrepreneur, c’est l’esprit de l’entreprise et le refus de recourir à l’État ; pour le technicien, c’est le refus de transiger sur la qualité ; pour le directeur du personnel ou le directeur d’usine, c’est la défense de la maison ; c’est, dans la maison, la défense de l’autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l’ordre.
Dans la moyenne entreprise, il y a beaucoup de patrons qui sont eux-mêmes leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître, et ils ont, avec la fatigue du corps, le souci de l’esprit, que les ouvriers n’ont que par intervalles. Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue, ils ne sont pas à l’abri d’une faillite qui peut détruire en un jour la fortune et le crédit d’un industriel. Entre tous les producteurs, c’est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu’à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de revient des marchandises, ils descendent même au-dessous des prix de revient, ils sont obligés d’accorder des délais de paiement démesurés qui sont, pour leurs acheteurs, une marge ouverte à la faillite, et s’il leur survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.


Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d’argent pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donneront pas une jouissance de plus : en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n’est pas perdue, qu’il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards, il est sorti quelque chose, et que leur puissance d’action s’est accrue.
Non, en vérité, le patronat, tel que la société le fait, n’est pas une condition enviable. Et ce n’est pas avec les sentiments de colère ou de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut-être le prélude de la justice.”

Jean Jaurès - Dépêche de Toulouse - 28/05/1890

23.09.2008

5 attitudes libertariennes

Le libertarianisme n'est pas qu'une théorie économique. C'est aussi une philosophie de l'évolution humaine, une éthique des rapports entre les individus et une attitude générale devant la vie. C'est aussi une « psychologie » différente de celles qui caractérisent les socialistes, les conservateurs, les réactionnaires et les collectivistes de tout acabit.

On peut devenir libertarien pour des motifs purement logiques, parce qu'on a compris la validité des préceptes économiques de libre marché ou l'importance cruciale de la liberté individuelle dans le développement de la civilisation. Mais ces explications rationnelles, aussi convaincantes soient-elles, n'ont souvent aucun effet sur certains individus parce que ceux-ci ont une attitude générale face à la vie, face à leur propre personne et aux autres, qui en bloque l'appréciation rationnelle. À l'inverse, de nombreux lecteurs du QL nous ont témoigné avoir découvert qu'ils étaient libertariens en nous lisant, même s'ils ne connaissaient rien jusque-là de la philosophie libertarienne, parce qu'ils trouvaient simplement que cela correspondait à leur personnalité ou à leur manière d'appréhender les choses de façon intuitive. 

Pour ceux et celles que les multiples courants d'idées laissent confus et qui ne sont pas certains d'avoir des atomes crochus avec la pensée libertarienne, ou pour ceux qui demeurent indécis et voudraient s'assurer qu'ils en ont bien, voici cinq attitudes essentielles à la psychologie libertarienne. Si vous vous reconnaissez dans chacune d'elle, bravo, il y a de forte chance que vous soyez un libertarien ou une libertarienne dans l'âme; si vous les trouvez idiotes, fausses ou non pertinentes, pas de chance, vous pataugez encore dans les marécages idéologiques où l'humanité s'est embourbée depuis des millénaires; si toutefois vous les trouvez intéressantes mais que vous êtes forcé d'admettre que vous tendez souvent vers le contraire à cause de vieux réflexes ou des pressions de votre entourage, ne désespérez pas! En ce début d'année, c'est le temps de prendre de bonnes résolutions, et ces attitudes méritent d'être cultivées par tous: non seulement parce qu'elles sont adaptées à l'esprit libertarien, mais plus simplement à cause de leur valeur universelle comme source de bonheur et d'équilibre psychologique.

Les voici donc, sans ordre particulier, et bien sûr sans aucune prétention à offrir une liste exhaustive:

1- assumer ses choix et cesser de rejeter la responsabilité de ses actions sur les autres

On pourrait difficilement trouver une attitude psychologique plus représentative de l'esprit individualiste libertarien que celle-ci. Les libertariens croient fermement qu'au-delà des influences du milieu et des déterminismes de tout genre, les individus sont ultimement responsables des choix qu'ils font et de la situation dans laquelle ils se trouvent. Ils doivent en assumer les conséquences, bonnes ou mauvaises, sans se plaindre ni en rejeter la faute sur les autres. Bref, la liberté individuelle ne peut pas être dissociée de la responsabilité individuelle. 

Au contraire, ceux qui, dans leur vie personnelle, ont toujours tendance à se sentir victime, à justifier leurs problèmes en invoquant une situation spéciale, à chercher des boucs émissaires, à se fabriquer des excuses, à rejeter la faute sur « le système », sont des étatistes en puissance et des candidats idéaux pour un Prix béquille. Comme les multiples pleurnichards et losers qui peuplent notre société, cette attitude les conduit naturellement à chercher des responsables ailleurs pour expliquer leurs propres échecs et à demander des compensations, des rectifications, des reconnaissances de leur situation particulière, de l'aide et des privilèges spéciaux. Nul doute que c'est d'abord et avant tout à l'État, ce sauveur universel responsable de tout – puisque les individus ne sont, de ce point de vue, responsables de presque rien – qu'il reviendra de rectifier les choses et de s'occuper d'eux.

2- voir l'aventure humaine avec optimisme

Les libertariens ont confiance dans l'ingénuité et le sens de l'initiative des humains. Ils croient que si on laisse les gens libres d'agir dans leur propre intérêt pour trouver des solutions aux multiples défis et problèmes auxquels ils sont confrontés, si les bons incitatifs sont présents, la grande majorité s'empresseront de le faire de façon dynamique, productive et souvent astucieuse. Toutes les périodes de l'histoire caractérisées par le progrès l'ont été parce que les individus étaient libres de mener à bien leurs rêves et leurs désirs sans entraves majeures. Et si l'on observe l'évolution humaine depuis la révolution agricole du Néolithique il y a 10 000 ans, on se rend compte que la seule constance est la capacité des membres de notre espèce à inventer de nouvelles choses et à faire face aux multiples obstacles que la nature et – il faut le dire aussi – la stupidité et l'ignorance d'autres hommes placent devant eux. 


« Les libertariens croient que si on laisse les gens libres d'agir dans leur propre intérêt pour trouver des solutions aux multiples défis et problèmes auxquels ils sont confrontés, la très grande majorité s'empresseront de le faire de façon dynamique et souvent astucieuse. »


Au contraire, les réactionnaires de gauche ou de droite, les misanthropes et les pessimistes croient que plus les humains sont libres, plus ils risquent de causer du trouble et de s'enfoncer dans le chaos. Pour eux, le progrès est une menace, la stagnation est préférable et doit être imposée parce que chaque innovation risque de défaire le fragile équilibre qui a permis à la civilisation de survivre jusqu'ici. La technologie, la croissance économique, la création de nouveaux produits de consommation ou de nouvelles idées et modes culturelles, tout cela est néfaste et porteur de trouble. Pour ces pessimistes, il y a toujours une catastrophe à l'horizon, qu'il s'agisse du bogue de l'an 2000, du réchauffement de la planète, de la pollution et du surpeuplement, de l'informatisation et de la mondialisation économique, des aliments transgéniques, et quoi encore, qui mérite qu'on impose une fin à toute expérimentation et qu'on revienne à un mode de vie plus « naturel » et drastiquement simplifié, comme celui de nos ancêtres. Évidemment, il revient toujours dans cette perspective à un gouvernement fort de s'opposer au changement et de réprimer les innovateurs pour éviter ces catastrophes et imposer l'ordre idéal.

3- refuser de s'en remettre à des abstractions collectives


Les libertariens s'intéressent d'abord à l'individu et le voient comme l'ultime réalité sociale. Pour eux, les entités collectives n'ont de sens que lorsqu'elles s'incarnent dans l'individu, et pas en elles-mêmes. Ça ne veut pas dire que la culture, l'identité nationale, le patrimoine, la langue, et autres phénomènes collectifs, ne sont pas pertinents. Ils le sont, mais seulement parce qu'ils répondent à un besoin des individus. Celui-ci est d'ailleurs toujours à la croisée de nombreuses caractéristiques collectives et ne peut être réduit à une simple pion sur un échiquier collectif unidimensionnel. 

Les libertariens sont donc toujours sceptiques devant les revendications de nature collectiviste et les ramènent nécessairement aux intérêts individuels de ceux qui s'en réclament et prétendent parler au nom du groupe. Pour chaque situation, ils seront plus intéressés à voir non pas quelles seront les conséquences pour « la nation », « les femmes », « les Noirs », « les gais », « les autochtones », ou quelque autre groupe, mais bien de comprendre comment des individus qui peuvent se définir de multiples façons dans un monde pluraliste pourront faire des choix librement et sans avoir à cadrer dans un modèle collectif rigide. C'est la subjectivité de l'individu qui importe, pas son appartenance à des entités collectives abstraites. Et lorsqu'il est question de réaliser quelque chose, ils comptent d'abord sur leurs propres moyens en collaboration volontaire avec d'autres individus qui y trouvent leur compte pour y arriver, pas sur une « mobilisation » collective.

L'attitude contraire conçoit plutôt la société humaine comme essentiellement composée de groupes qui se côtoient et s'opposent, avec des individus qui n'ont de réalité que comme membres d'un groupe précis. Pour ceux qui voient les choses ainsi, la vie collective est la seule référence et ils ramènent tous les aspects de leur vie à la situation du ou des groupes qu'ils privilégient. C'est l'individu qui doit s'adapter pour correspondre à un idéal collectif, et non les caractéristiques attribuées au groupe qui doivent être relativisées pour faire place à la diversité des individus. 

Ces gens carburent à la fierté collective, aux drapeaux et à la solidarité, aux victoires politiques, légales ou militaires du groupe (c'est-à-dire des organisations qui prétendent le représenter) contre l'ennemi collectif, etc. C'est l'atteinte d'une position idéale pour le groupe qui colore leur vision du monde et les motive à agir, et ils voudraient que tout le monde embarque dans leur croisade. Ils ne comprennent pas pourquoi plusieurs autour d'eux ne sont pas « conscientisées » aux mêmes problèmes sociaux, et ils considèrent ceux qui préfèrent rester à l'écart ou s'opposer à leur démarche comme des égoïstes ou des traîtres. L'État, qui incarne la « volonté nationale » et qui arbitre les relations et conflits entre les multiples groupes, est évidemment au centre des préoccupations de ces collectivistes, puisque tout converge vers lui. 

4- viser une amélioration constante à long terme plutôt qu'une perfection statique à court terme

Les libertariens conçoivent la vie comme une suite ininterrompue d'adaptations et de remises en question dans un monde en perpétuel changement. Ils ne croient pas en la possibilité d'un monde parfait et utopique, comme la société sans classe de Marx où tous seraient égaux et verraient leurs besoins et désirs comblés à jamais sans conflit. Même dans une société fondée sur des principes libertariens, il y aurait toujours des changements et des problèmes, des conflits et des catastrophes. La différence majeure est que les individus seraient mieux équipés pour y faire face et pour atteindre leurs buts dans une plus grande harmonie. 

Les libertariens ont donc une attitude généralement réaliste et pragmatique et sont réconciliés avec le monde tel qu'il est, même s'ils souhaitent bien sûr eux aussi voir des changements pour le mieux. Ils ne sont pas constamment désespérés de constater que nous ne vivons pas dans un monde parfait, qu'il y a des inégalités, des problèmes sociaux, de l'ignorance, de la pauvreté, de la pollution et toutes sortes d'autres situations déplorables dans le monde. Ils croient que seul l'effort, la créativité et l'apprentissage individuels à long terme permettent de changer les choses et qu'il n'y a pas de solution magique pour tout régler. De toute façon, la vie comme processus biologique et la société comme processus d'interaction humaine sont des systèmes en perpétuel déséquilibre et en perpétuel mouvement de rééquilibrage, et il n'y a donc aucune raison de se désoler du fait que nous ne soyons pas encore parvenus à créer un monde parfait. Un tel monde serait de toute façon synonyme de stagnation et de mort. 

Pour les aliénés de la vie qui sont « conscientisés » à toutes les bonnes causes et qui ressentent à chaque heure du jour le spleen de ne pas se trouver au paradis, l'imperfection du monde est au contraire une source constante de souffrance psychologique. Ceux-là ne veulent pas admettre qu'il n'y a pas de solution immédiate à tous les problèmes de l'univers. Comme on l'entend constamment dans la bouche des militants, ils trouvent que la situation est « inacceptable » et qu'il faut « intervenir sans délai ». Même s'ils prétendent se préoccuper des problématiques à long terme, ces frustrés ne visent qu'une seule chose: un bouleversement social et politique immédiat qui apportera un progrès instantané et leur enlèvera le poids de cette conscience intolérable. Mais quoi qu'il arrive, ils sont de toute façon difficilement capables de se défaire de cette attitude. Dès qu'un problème semble se régler ou devenir moins urgent, ils se dépêchent à se conscientiser et à s'impliquer dans une autre cause, question de ne pas se laisser aller à ce qu'ils croient être de « l'indifférence » devant la souffrance du monde, c'est-à-dire une attitude saine et réaliste devant le peu d'influence qu'on peut avoir sur le sort du monde et une préoccupation première pour son propre sort. Les révolutions, les utopies abstraites et farfelues qui passent par un changement radical de régime – par l'État, donc – leur paraissent bien sûr la seule solution ultime pour régler une fois pour toutes ces problèmes urgents.

5- être tolérant et accepter la diversité

Les libertariens ne sont pas des relativistes moraux; ils considèrent que la liberté est une valeur fondamentale et, comme croyants ou partisans d'autres philosophies particulières, ils peuvent professer des principes plus ou moins stricts concernant la bonne conduite et le sens de la vie. Toutefois, ils sont unis par une attitude bien précise: leur acceptation de la diversité des opinions et des croyances et leur refus d'imposer les leurs aux autres. Pour les libertariens, tout est acceptable dans la mesure où quelqu'un ne porte pas préjudice à autrui ou à sa propriété. Les gens peuvent donc faire ce qu'ils veulent avec leur propre corps et entre eux si c'est de façon volontaire. Ils peuvent se droguer, se prostituer, ou consacrer leur vie et leur fortune à la vénération des petits hommes verts venus d'autres planètes. Personne n'a moralement le droit d'empêcher quiconque de vivre comme il l'entend s'il ne fait de tort à personne d'autre, même si la presque totalité de la population désapprouve son comportement particulier. 

Certains diront que les libertariens sont pourtant intolérants envers leurs opposants idéologiques, par exemple envers les socialistes et nationalistes, et qu'ils n'acceptent donc pas les points de vue qui divergent de la philosophie libertarienne. Mais cette critique ne tient justement pas: dans une société véritablement libre, les individus pourront s'organiser comme ils le voudront, dans la mesure où ils ne tentent pas d'imposer leur mode de vie à ceux qui ne le souhaitent pas. Ainsi, les communistes pourront s'acheter un territoire, fonder une commune, se soumettre volontairement à un gouvernement local qui les taxera à 90% et qui planifiera leur vie de classe prolétarienne dans les moindres détails. Ils pourront inviter le reste du monde à venir les rejoindre dans leur paradis terrestre mais, comme on l'a vu au cours du XXe siècle, c'est généralement l'inverse qui se produit. De même, les ultranationalistes et mystiques de la langue pourront s'imposer à eux-mêmes – volontairement toujours, et sans que ça affecte ceux qui n'en veulent rien savoir – une police de la langue qui utilisera des techniques de scanning cérébral ultrasophistiquées pour déterminer s'ils rêvent en français ou dans une autre langue, avec des amendes appropriées pour les contrevenants. Chacun pourra vivre selon son propre idéal et laisser vivre son voisin selon le sien. 

L'attitude des puritains, des paumés, des zélés, des militants exaltés et des croyants fondamentalistes est tout à fait à l'opposé. Ces collectivistes n'ont de répit tant qu'ils n'ont pas imposé à tous leur vision idéale du monde. Pour eux, la diversité est toujours une menace et la tolérance doit toujours s'exercer « à l'intérieur de certaines limites ». Des limites bien sûr déterminées par les autorités gouvernementales et qui réduisent inévitablement la liberté de tous ceux qui n'y cadrent pas, même s'ils ne font de tort à personne. Dans la vision du monde collectiviste, il n'y a tout simplement pas de place pour ceux qui veulent vivre différemment.

Pour les traditionalistes intolérants par exemple, le simple fait que les homosexuels existent et peuvent jouir de la vie est un affront à la volonté divine qui doit être corrigé; pour les égalitaristes coupeurs de têtes qui dépassent, la simple existence de riches est une injustice flagrante, même si ces riches ont gagné leur argent de façon honnête et en rendant des services aux autres dans un marché libre; pour les nationalistes xénophobes, le fait qu'il existe des citoyens québécois qui ne parlent pas français à la maison ou sur la rue autour d'eux, ou qui se foutent de l'identité québécoise qu'ils exaltent et de la survie du français, est un affront direct à la Nation, à nos vaillants ancêtres, à eux-mêmes dans le plus profond de leur moi collectif, et ce même s'ils n'entrent jamais en contact avec ces gens sauf en constatant des données statistiques; pour les fascistes de la santé, ce ne sont plus les désagréments causés par les fumeurs aux non-fumeurs qui sont le problème, mais bien l'existence même de fumeurs: sinon, pourquoi veulent-ils interdire la fumée dans tous les bars et restaurants et empêcher les fumeurs de se retrouver entre eux sans imposer leur fumée à qui que ce soit? 

Quiconque fait preuve d'une forme d'intolérance et de refus de la diversité qui s'apparente à celles-ci dans quelque domaine que ce soit n'a évidemment rien d'un libertarien et a tout d'un partisan de l'autoritarisme et la répression étatique. 

Pour conclure, assumer ses choix et cesser de rejeter la responsabilité de ses actions sur les autres, voir l'aventure humaine avec optimisme, refuser de s'en remettre à des abstractions collectives, viser une amélioration constante à long terme plutôt qu'une perfection statique à court terme et être tolérant et accepter la diversité sont des attitudes psychologiques essentielles pour ceux qui souhaitent vivre l'idéal libertarien: quelqu'un qui les cultive et qui applique systématiquement ces façons de voir les choses aux situations de la vie a compris l'essentiel. Les arguments théoriques plus complexes sur le fonctionnement d'une économie de marché restent cruciaux pour les débats politiques et économiques mais n'auront jamais le même impact, pour la plupart des gens qui s'intéressent peu à ces débats, que la conviction intuitive profonde, fondée sur ces principes généraux, de vivre moralement et bien.

Impôt sur les portes et les fenêtres

http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_sur_les_portes_et...

Création : 1798

Abolition : 1926

Assiette : établie sur le nombre et la taille des portes et fenêtres. Il ne touchait ainsi que les propriétaires, et introduisait une sorte de proportionnalité, les plus aisés payant également plus d'impôts. Sa création fut accompagnée de celle d'un autre impôt du même type, l'impôt sur les parcs et jardins.

Conséquences : cet impôt fut accusé de pousser à la construction de logements insalubres, avec de très petites ouvertures, donc sombres et mal aérés, et il conduisit à la condamnation de nombreuses ouvertures, ainsi qu'à la destruction, par les propriétaires eux mêmes, des meneaux qui partageaient certaines fenêtres en quatre, ce qui augmentait substantiellement l'impôt. Il fut aussi à l'origine de la propagation de maladies.

 

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13.09.2008

Fonctionnaires et coercition

Mais il faut croire que les fonctionnaires ne rendent pas un service que les gens achèteraient de leur plein gré, puisqu'ils doivent s'adresser au détenteur du pouvoir policier et militaire (vous, en la circonstance) pour obliger la population à les payer.

Christian Michel

Pol Pot en France

Depuis le temps de Beaumarchais et de Voltaire, affichant son mépris pour les prétentions intellectuelles d'autres centres européens, Paris s'est donné le surnom de "ville-lumière", flambeau du monde civilisé. Pourtant, les lumières qu'elle prétend dispenser ont parfois des effets pervers. Ce fut donc à Paris, et non à Moscou ni à Pékin, qu'au début des années 50, Sâr (Pol Pot) et ses compagnons posèrent les fondements idéologiques du futur cauchemar khmer rouge.

(...)

Staline et Mao ont, l'un comme l'autre, joué un rôle dans la naissance du Kampuchéa démocratique. Les vietnamiens et les Américains aussi. Mais l'héritage intellectuel étranger qui allait étayer la révolution cambodgienne étant avant tout et surtout français.

Philip Short - Pol Pot

08.09.2008

Redistribution du pouvoir

Le pouvoir ne doit pas faire ce dont les citoyens sont capables.

Abraham Lincoln

03.09.2008

Production et spoliation

"Il n'y a que 2 moyens de se procurer les choses nécessaires à la conservation, à l'embellissement et au perfectionnement de la vie : la Production et la Spoliation.

Les formes de spoliation sont :

  • la guerre
  • l'esclavage
  • la théocratie
  • le monopole"

Frédéric Bastiat

Les missions régaliennes de l'Etat

D'après Wikipédia, les missions régaliennes d'un Etat sont au nombre de 4 :

* Assurer la sécurité extérieure par la diplomatie et la défense ;
* Assurer la sécurité intérieure et l'ordre public, avec, notamment, des forces de police ;
* Définir le droit et rendre la justice ;
* Émettre de la monnaie, notamment par le biais d'une banque centrale (rôle transmis à l'Europe)

En 2006, la dépense publique (Etat + Sécurité Sociale + Collectivités Locales) a représenté 53,4% du PIB, soit 957 milliards d'euros.

Or, parmi ces dépenses, les missions régaliennes de l'Etat représentent :

* Défense : 36 M€
* Justice : 7 M€
* Sécurité (état + collectivités locales) : 20 M€ environ
* Fonctionnement de l'Etat : 10 M€ en comptant large
* Union Européenne : 5 M€
Total : 78 M€, soit 8% des dépenses publiques

Ma question est la suivante. L'Etat, en consacrant une si faible part à ses missions originelles, ne finit-il pas par s'en détourner ? Ceci expliquerait la mauvaise qualité de ses services, notamment :

* La chute du taux d'élucidation des crimes et délits (50% en 1950, 30% aujourd'hui)
* Les délais immensément longs de toute action en Justice
* Les prisons surpeuplées et hors d'usage
* Un tiers du matériel militaire soit en panne

Guru - Monologue de fin

Le Président du Jury :

vous avez 5 minutes pour votre défense


Le patron :

Puis-je me tenir debout, ou ai-je aussi besoin d’un permis pour ça ? (rires dans la salle)

Vous dites que je suis contre la loi. Il y a 40 ans, un autre homme l’était aussi. Aujourd’hui, nous le vénérons. En son temps, l’esclavage était la loi… Il a écrit une nouvelle loi : la liberté !

Je ne suis pas Ghandi. Tout ce que je connais, ce sont les affaires, le travail dur, et la pauvreté. Je suis venu à Bombay avec 2 chemises, une femme et un beau-frère. J’ai voulu faire des affaires. Mais les portes des affaires ne sont ouvertes que pour les riches. Ces portes créées par le gouvernement ne peuvent être ouvertes que par des pots-de-vin ou des coups de pied. J’ai fait les 2. Là où j’ai du donner un coup de pied, j’ai donné un coup de pied. Là où les lois m’ont contraint à me plier, j’ai fait des salamalek. Et aujourd’hui vous venez me demander pourquoi j’ai donné tant de coups de pieds, pourquoi j’ai fait tant de salamalek ?

Qu’est-ce qui vous gène ? La croissance de mon entreprise, ou la vitesse de ma croissance ? Ou bien ai-je dépassé vos attentes vis-à-vis d’un villageois ordinaire ?

Vous avez lancé des accusations contre moi : défaut de paiement de taxes, d’impôts de douane, d’impôts sur le revenu, de cette taxe-ci, de cette taxe-là. Quand j’ai commencé les affaires, je ne connaissais même pas le sens de ces mots !

Je suis tombé plusieurs fois avant d’apprendre. Pour économiser l’argent, j’ai marché 20 km avec d’énormes balles de polyester sur ma tête. Je connais la valeur de l’argent. Quand il y avait de l’argent à gagner, je suis allé le chercher. Pas seulement pour moi, mais aussi pour mes 300 millions d’actionnaires.

Je ne sais pas jouer au golf et je ne vais pas aux courses hippiques. Mais je suis un joueur solide dans mes affaires. Je sais comment faire le meilleur polyester, avec des fibres de qualité, avec les meilleurs produits chimiques, et aux meilleurs prix. Est-ce ma faute ? Devrais-je m’excuser ?

J’ai porté des bidons d’essence quand je travaillais dans une station service, pendant que notre pays mendiait auprès de la Banque mondiale : « Donnez-nous de l’argent, nous voulons faire des routes. » Pourquoi ne pouvons-nous pas changer notre destin ? Le nôtre, et celui de notre pays ? Voulez-vous que j’aille livrer des bidons d’essence et que notre pays reste un mendiant pour toujours ? Pourquoi ne pouvons-nous pas atteindre le sommet ? Pourquoi nous appelle-t-on le tiers-monde ? Nous avons autant de droit que les autres d’être un pays développé, et nous pouvons l’être !

J’ai perdu beaucoup de choses ici, à commencer par ma main paralysée. Et le temps que cette commission d’enquête s’achève, je perdrais je ne sais quoi d’autre encore : ma voix, mon esprit. Mais il y a une chose que vous ne pourrez jamais m’arracher : mon courage. Je ne le perdrai jamais. Parce que ce courage est le courage de l’homme de la rue, le courage de ce pays.

Vous voulez m’arrêter, n’est-ce pas ? Mais je ne suis pas seul ! Le pays entier avance avec moi. Et ni vous ni vos lois n’ont la force d’arrêter le pays tout entier. Les portes que vous voulez garder fermées s’ouvrent petit à petit, et nos pieds sont très forts. Quelle commission peut entraver le progrès de ce pays et l’arrêter ? Dites-le moi !

Vous m’avez donné 5 minutes pour ma défense. J’ai terminé en 4 minutes et demi. Bénéfice de 30 secondes. Voilà ce que sont les affaires. Si vous voulez me punir pour ça aussi, vous avez le feu vert. Je n’ai pas peur de votre décision.

28.08.2008

L'arbre à singes

La vie est en fait tres semblable a un immense arbre a singes: tout en hauy, les senior singes qui ont depuis longtemps prouve qu'ils avaient le droit a toutes les femelles. Sur les branches du milieu, l'idee centrale, c'est de sucer la bite du singe du dessus, de vomir sur le singe du dessous et de faire tomber le singe d'a cote. Et l'arbre a singes vu de loin est ce gigantesque bruissement de feuillage et de poils et de cris, d'ou s'ecoulent des flots de bouse, et de presentations powerpoint.

Ismael 118

27.08.2008

Création monétaire, agrégats et croissance

Le taux de croissance du PIB réel est inversement proportionnel à la création monétaire, telle est la conclusion que l’on peut faire en observant ce qui s’est passé aux Etats-Unis depuis une cinquantaine d’années.

La croissance du PIB réel s’accompagne toujours d’une certaine création monétaire due à l’augmentation des prix et de la quantité de valeurs monétaires détenues par les ménages et les entreprises. Cette création monétaire se définit comme étant la différence entre l’augmentation de la masse monétaire M3 en données courantes et (moins) le taux de croissance du PIB réel. Elle varie (elle augmente ou bien elle baisse). Ce sont les variations de cette création monétaire qui sont importantes : quand la création monétaire augmente, la croissance du PIB diminue, et inversement.

Dans une situation normale, la croissance du PIB réel est de 3% et la création monétaire est de 4% (la masse monétaire M3 augmente de 7% en valeurs courantes). Quand la création monétaire s’accélère (en dépassant de plus en plus les 4%), la croissance du PIB réel ralentit (de plus en plus sous son potentiel optimal de 3%), et inversement : quand la création monétaire diminue (en passant de plus en plus, sous les 4%), la croissance du PIB réel augmente (de plus en plus, au-dessus de son potentiel optimal de 3%).

Pour relancer la croissance du PIB (quand elle est inférieure à son potentiel optimal), il faut donc diminuer de plus en plus la création monétaire et pour cela il faut que les ménages épargnent relativement moins (en dépensant et en investissant davantage), et que l’augmentation des trésoreries soit faible (les entreprises doivent distribuer davantage de dividendes et surtout augmenter leurs investissements).

Inversement, pour diminuer une croissance du PIB réel trop forte, supérieure à son potentiel optimal (donc inflationniste et insoutenable à terme), il faut augmenter de plus en plus la création monétaire par une augmentation de l’épargne des ménages sur livrets en M2-M1 (les ménages sentant venir le ralentissement économique constituent alors une épargne de précaution de plus en plus importante en consommant moins et en investissant moins), et une augmentation de la trésorerie des entreprises (en distribuant moins de dividendes et en investissant moins). Bien entendu, l’augmentation des agrégats monétaires ne doit pas dépasser certaines limites.

Les membres du FOMC (Federal Open Market Committee) suivent attentivement les variations de ces données. La politique monétaire d’une banque centrale doit faire évoluer dans le sens voulu les marchés, en augmentant ou en diminuant le taux de base selon les circonstances pour faire varier la création monétaire afin que la croissance du PIB réel soit la plus proche possible de son potentiel optimal sans inflation. L’idéal serait que la croissance du PIB réel soit stable à 3%, sans variations, mais une telle situation d’équilibre n’est jamais durable. Cependant, la Fed réussit au fil des années à diminuer les variations de la création monétaire et du PIB réel.

Ce qui importe est donc l’évolution de la création monétaire (en hausse ou en baisse), la croissance du PIB réel y étant inversement proportionnelle.

La création monétaire augmente en moyenne plus vite (un point de plus) que le PIB réel du fait de l’effet richesse. En effet, quand la croissance du PIB réel augmente, les ménages et les entreprises sont plus riches, donc épargnent davantage. La croissance du PIB réel était de l’ordre de 4% dans les années 60 aux Etats-Unis. Elle tend maintenant vers 3%.

Contrairement aux idées communément répandues, ce n’est donc pas en augmentant la création monétaire qu’une banque centrale peut relancer l’activité économique, mais au contraire en la restreignant (en diminuant son taux de base). Inversement elle ralentit la croissance du PIB en augmentant la création monétaire (en montant ses taux de base).

Il n’y aurait pas de création monétaire s’il n’y avait pas d’inflation ni d’augmentation de l’épargne des ménages et des entreprises. L’augmentation de la masse monétaire serait alors égale à la croissance du PIB réel. Une telle situation idéale ne s’est jamais produite depuis l’après guerre aux Etats-Unis. La variation de la création monétaire est parfois importante : plus de 10% en 2001 et négative fin 2003 début 2004 (la masse monétaire M3 a diminué, ce qui a permis la relance très forte du PIB réel).

Dans la zone euro, la trop forte création monétaire condamne la croissance du PIBà être inférieure à son potentiel optimal car l’augmentation de M3 qui était descendue à 4,5% en rythme annuel en mai 2004 (grâce à la politique impulsée par Wim Duysenberg) est passée à 9,7% au mois d’avril 2006 !

La condition nécessaire pour relancer la croissance du PIB réel est de mettre fin à cette création monétaire en M1 qui est beaucoup trop forte (sur un rythme de 15%). Pour cela, il faudrait impérativement restreindre la distribution massive d’aides dites sociales et des subventions (et obliger les entreprises à respecter les règles comptables qui donnent une image fidèle de la réalité) ce qui permettrait en même temps de diminuer le taux des prélèvements obligatoires.
La solution : "work for all"

Le taux de croissance du PIB réel est inversement proportionnel à la création monétaire globale qui se définit comme étant la différence entre l’augmentation de la masse monétaire M3 en données courantes et (moins) le taux de croissance du PIB réel. Mais elle dépend en fait de la variation d’un seul agrégat : M2-M1, c’est-à-dire de l’épargne des ménages (placée sur livrets)… Ce qui signifie que la création monétaire de l’agrégat M2-M1 doit baisser pour que le PIB réel augmente…

En effet, en épargnant moins, les ménages consomment davantage : la demande augmente et l’offre y répond (le PIB réel augmente). Une relance par la consommation doit se faire selon ce schéma, et non par la distribution d’aides sociales ou d’augmentations de salaires indépendantes des gains de productivité (la relance keynésienne de gauche).

Inversement, les autorités américaines cherchent actuellement à ralentir la croissance du PIB réel car elle est supérieure à son potentiel optimal, ce qui n’est pas tenable à terme car cette situation est inflationniste. Les gens de la Fed pensaient qu’en relevant leur taux de base, ils provoqueraient un ralentissement de la croissance du PIB et une augmentation de l’épargne des ménages (c’est-à-dire une augmentation de la création monétaire en M2-M1) grâce à une diminution de la consommation, mais ce n’est pas le cas : la création monétaire en M2-M1 n’augmente que de 1% depuis la fin de 2003, ce qui est très insuffisant et empêche le PIB de diminuer (par une baisse de la consommation). En effet, la politique monétaire de la Fed n’a pas d’effet sur la consommation (le ralentissement est faible). Le remède n’est pas adapté au mal. Pour ralentir la consommation (et la croissance du PIB), et donc pour augmenter l’épargne, il faudrait augmenter les taxes sur la consommation qui sont trop faibles aux Etats-Unis.

Les économistes de Work for all ont fort bien montré qu’une flat tax (de 20%) doit s’accompagner d’une taxe sur la consommation au même niveau, donc élevée, or elle est de 6 à 8% selon les Etats fédérés, ce qui est beaucoup trop faible. Les Américains sont ainsi incités à consommer au lieu d’épargner. Il ne sert à rien de les exhorter à épargner davantage car ils veulent profiter des prix bas et avantageux des produits fabriqués en Asie (ce qui est légitime). Ces prix sont anormalement bas en US$ car les monnaies de ces pays asiatiques sont sous évaluées par rapport au US$ pour y maintenir une activité forte.

Les ménages américains continuent donc à dépenser trop et à ne pas épargner assez (dans le cadre de cette analyse), ce qui empêche la croissance du PIB de diminuer. Le problème qui se pose aux Etats-Unis est nouveau et un peu déconcertant, car l’insuffisance de l’épargne ne provoque pas de difficultés de financement (comme c’était le cas jadis), mais elle crée trop de consommation. En effet, la situation financière est globalement saine : les Américains ont provisionné en grande partie les charges de retraite prévisibles (grâce aux fonds de pension), le déficit de l’Etat est contenu dans les normes, les cash flows n’ont jamais été aussi élevés, l’endettement des entreprises étant très faible généralement. Seule la création d’une taxe fédérale sur la consommation de 10% environ obligerait les Américains à restreindre leur consommation, ce qui ferait baisser la croissance du PIB et redescendre l’inflation dans la zone acceptable (le PCE:PILFE devrait se situer entre 1 et 1,5%).

Bien entendu, l’instauration de cette taxe sur la consommation devrait s’accompagner de la baisse du taux d’imposition sur le revenu et sur les bénéfices des sociétés de façon à ce que le taux de prélèvements obligatoires reste au même niveau. Alan Greenspan avait bien analysé le problème, mais le gouvernement Bush n’a pas osé suivre sa préconisation car l’adoption d’une taxe de 10% sur la consommation serait très impopulaire. Les Etats-Unis vont donc subir une chute sévère de la croissance du PIB. Cette solution n’est pas bonne car elle ne résout pas durablement le problème posé.

Les variations des autres agrégats monétaires n’ont que peu d’incidence sur la croissance du PIB réel aux Etats-Unis. Il n’en est pas de même dans la zone euro.

Dans la zone euro, les statistiques disponibles montrent que le principe de base est valable : le taux de croissance du PIB réel est inversement proportionnel à la création monétaire globale M3 mais la baisse de la création monétaire en M2-M1 (de l’ordre de –2% depuis le 2e trimestre 2005) ne permet pas de relancer la croissance du PIB réel car la création monétaire en M1 augmente de plus en plus, sur un rythme de 15% depuis juin 2005.
En France

Depuis 25 ans, les gouvernements qui se sont succédé ont augmenté le taux des prélèvements obligatoires, et ce type de politique fondamentalement antisociale (car la croissance du PIB est inférieure à son potentiel optimal) s’est encore accentué depuis 2001. Dans la perspective des prochaine sélections présidentielles, la gauche annonce qu’elle augmenterait les aides sociales et les subventions si elle revenait au pouvoir, ce qui ne ferait qu’accentuer la faiblesse de la croissance du PIB (le chômage augmenterait encore).

Nicolas Sarkozy vient de confirmer qu’il s’oppose à l’augmentation prévisible et indispensable des taux de la BCE et il veut continuer à distribuer massivement des aides sociales et des subventions !

Sauf changement, dans les deux cas, l’avenir s’annonce sombre. Le relèvement du taux de la Fed au-dessus de sa neutralité va provoquer une très forte chute de la croissance du PIB dans les mois à venir, surtout au 1° semestre 2007 en France. Dans ce cas, le sélecteurs sanctionnent toujours le gouvernement qui était au pouvoir…

On ne fait pas de bonne politique économique avec de bons sentiments mais avec une bonne culture économique, financière et monétaire, ce qui est loin d’être le cas en France !
Jean-Pierre Chevallier

http://www.ifrap.org/Creation-monetaire-agregats-et-croissance,0134.html